Discrimination et emploi – ACINA

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La fermeture d’une partie du marché de l’emploi aux étrangers est un des facteurs du chômage de ces derniers. Il s’agit pour la grande majorité de postes de la fonction publique, mais près d’un million d’emplois privés sont aussi encore interdits aux étrangers (hors Union européenne)[1], pour des raisons qui ne sont bien souvent plus valables aujourd’hui. 
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e fermeture contenue dans les mesures transitoires qui limitaient aussi considérablement l’accès au marché du travail aux citoyens européens roumains et bulgares constituait un frein majeure à l’intégration de ces personnes jusqu’à la fin de l’année 2013, ce n’est plus le cas depuis leur levée au 1er janvier 2014.

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                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               Ainsi, ACINA :

  • organise des activités permettant aux participants de réagir face à des actes de discrimination mais aussi à lutter contre l’ « auto-discrimination »;

  • s’engage à sensibiliser les différents acteurs intervenant sur le parcours des personnes vers le marché du travail.

Plus généralement, l’association souhaite contribuer à relayer les études de plus en plus nombreuses à démontrer l’impact de tous les flux de migration sur la société française en général.

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[1] Rapport d’évaluation initiale sur l’employabilité des roms roumains en France, avril 2015, Acina.

Sources :

  • Site Internet de l’Observatoire des Inégalités
  • Site Internet « Inégalités et discriminations » de la plate-forme d’études sur les discriminations
  • Le rapport du GED « Une forme méconnue de discrimination : les emplois fermés aux étrangers », note n°, mars 2000
  • Le Rapport du groupe de travail dirigé par Jacques Freyssinet, « Niveau de vie et inégalités sociales », Conseil national de l’information statistique, mars 2007

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La fermeture d’une partie du marché de l’emploi aux étrangers est un des facteurs du chômage de ces derniers. Il s’agit pour la grande majorité de postes de la fonction publique, mais près d’un million d’emplois privés sont aussi encore interdits aux étrangers (hors Union européenne)[1], pour des raisons qui ne sont bien souvent plus valables aujourd’hui. Ces limitations sont donc discriminantes car elles excluent des personnes sans autres justifications que leur nationalité, ce qui entre bien dans la définition de ce terme.

Si cette fermeture contenue dans les mesures transitoires qui limitaient aussi considérablement l’accès au marché du travail aux personnes d’origine roumaine et bulgare citoyens européens constituait un frein majeure à l’intégration de ces  citoyens européens jusqu’à la fin de l’année 2013, ce n’est plus le cas depuis leur levée au 1er janvier 2014.

Inégalités sociales et discrimination.

Selon l’étude de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) sur la situation des Roms dans 11 états membres de l’Union européenne réalisée en 2011, moins d’un rom sur trois est salarié. Malgré la levure des mesures transitoires ce chiffre ne diffère pas en France encore aujourd’hui. Ce constat amène à s’interroger sur les raisons de cette exclusion de l’emploi. Par ailleurs, à partir des résultats de l’enquête initiale, il semble que les causes de la discrimination elle-même, dont sont souvent victimes les personnes de ce public lorsqu’elles se présentent devant un employeur, serait liée autant à l’origine ethnique ou à la nationalité de celles-ci qu’à leurs conditions de vie. En effet, certains préjugés liés à leur lieu de vie sont largement véhiculées : vivre en bidonville/squat/à la rue serait par exemple totalement incompatible avec le fait d’être ponctuel au travail. Ces discriminations peuvent être aussi appréhendées comme des raccourcis, des idées préconçues ou largement entretenues par les médias.

Enfin, la discrimination subie comme facteur explicatif de ce public doit être appréhendée dans sa globalité, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas être considérée comme cause de rejet uniquement au moment du processus d’embauche mais à toutes les étapes que doit franchir un individu pour accéder à un emploi : son parcours scolaire, son inscription aux structures publiques d’aide à la recherche d’emploi etc.

La discrimination à l’embauche reste un des facteurs explicatifs, mais il ne faut pas négliger les inégalités sociales comme causes de ce taux de chômage. En effet, le manque d’informations relatif au monde du travail, tout comme le manque de diplômes représentent autant de barrières pour ces personnes de ce public souhaitant obtenir un emploi. C’est ce que nous avons pu déduire toujours à partir des réponses au questionnaire mené auprès de 88 personnes vivant en bidonville/squat/à la rue, d’origine roumaine principalement, en Région Île-de-France[2]. De plus, certains métiers que ce public avait l’habitude d’exercer n’existent plus. Ils ne sont plus non plus embauchés pour des métiers saisonniers (on leur préfère d’autres migrants ou des étudiants). Pour les emplois dont ils ont les compétences, une formation ou une expérience reconnue est exigée, ils pensent donc que ces postes ne leur sont pas accessibles car ils ne savent pas faire reconnaitre leur expérience acquise « sur le tas » et souvent sur le marché du travail au noir.

Face à ce constat, ACINA tente d’enrayer ce système, en intervenant aux différents stades du parcours vers l’emploi, qui va de la scolarisation des enfants jusqu’à l’entraînement à l’entretien et au suivi post-embauche. Parallèlement, l’association projette d’organiser des ateliers permettant aux participants de réagir face à des actes de discrimination mais aussi à lutte contre l’auto-discrimination. D’autre part, elle s’engage à rencontrer les différents acteurs intervenant sur le parcours des personnes vers le marché du travail, des employés des structures sociales jusqu’au chargés de recrutement, afin de les sensibiliser et de les informer des difficultés que rencontrent ce public mais aussi de leurs compétences. Plus généralement, l’association souhaite contribuer à relayer les études de plus en plus nombreuses à démontrer l’impact positif de tous les flux de migration sur l’économie française.

Sources :

Observatoire des Inégalités

Site Internet « Inégalités et discriminations »

Le rapport du GED

« Niveau de vie et inégalités sociales », Rapport du groupe de travail dirigé par Jacques
Freyssinet, Conseil national de l’information statistique, mars 2007. Proposition
n°60.

[2] « Les indicateurs sociaux », Jacques Delors, Sedeis, 1971.

[3] L’état du mal logement
en France », 20e rapport annuel, Fondation Abbé Pierre, février 2015.

[1] Chiffres issus du Site Internet « Inégalités et discriminations » :

http://www.discriminations.inegalites.fr/spip.php?article154&lang=fr#nh1

[2] Cf lien vers le rapport d’évaluation initiale.

 

 

 

Schéma emploi romsgraph emloi roms[:]


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