Retour sur l’événement de clôture du projet PASI

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Depuis 2019, dans le cadre du projet Erasmus+ PASI (Participatory Action for Social Inclusion) ACINA, Quatorze, Zalab, Finacoop et Fundacion Emplea échangent ensemble sur leurs pratiques à l’échelle européenne. L’objectif ? Croiser des approches multidisciplinaires et mettre en commun des outils de participation pour l’inclusion sociale des habitants des quartiers marginalisés et précaires au sein des projets.

 

L’événement de clôture, qui s’est déroulé le jeudi 5 mai, a été l’occasion de présenter le résultat de ce projet de recherche-action : un manuel dédié à la valorisation des processus participatifs regroupant des outils concrets à utiliser pour favoriser la participation, entièrement créé et rédigé par ACINA, Quatorze, Zalab, Finacoop et Fundacion Emplea.

 

Au programme : cinq tables rondes suivies d’ateliers de mise en pratique des outils participatifs mais aussi 38 panneaux d’exposition et différentes projections vidéos mettant en valeur divers projets participatifs à travers l’Europe et un cocktail de clôture !

 

Retour sur la table ronde animée par ACINA 

 

Sarah Berthelot, co-fondatrice et directrice générale d’ACINA animait la première table ronde sur l’accompagnement social et l’émancipation des premier.e.s concerné.e.s, avec pour invités : Inès Bedrani et Marie Emilie Leroy de l’association “Les Enfants du Canal”, Abraham Kouassi et Giampaolo Mosca du Centre Social Caserta “Ex Canapificio” et Pierre Chopinaud, conseiller en stratégie.

 

“Pourquoi avoir choisi ce sujet ? L’association ACINA s’est construite avec l’idée de travailler avec les personnes accompagnées, premières concernées par les problématiques de mal-logement, de marginalisation, de discrimination, etc. Dès lors, il s’agit de veiller à ne pas choisir à la place de mais de se positionner en tant que soutien, d’outiller les personnes et leur donner la confiance en soi suffisante, la connaissance et les conditions matérielles leur permettant d’améliorer leurs conditions de vie. Lutter contre le non-recours en leur donnant l’ensemble des informations nécessaires pour leur permettre de trouver un emploi, d’accéder à leurs droits et au logement. La place des premier.e.s concerné.e.s au sein de nos projets est en questionnement continu. Ce travail que nous essayons de faire avec, ce but que nous poursuivons, comment ne pourrait-il pas être davantage porté par ceux que cela concerne, sans donner une place artificielle dans notre méthodologie, pour au final plus d’efficacité et de pérennité.” débute Sarah Berthelot.

 

Les invités ont par la suite pris la parole à tour de rôle afin de mettre en lumière différentes expériences à différentes échelles, individuelles, collectives, ou les deux.

 

L’association Les Enfants du Canal est née suite au mouvement des Enfants de Don Quichotte au Canal Saint-Martin à Paris, pendant l’hiver 2006-2007. Près de 350 personnes qui vivaient dans la rue, dans des squats, se sont rassemblées et ont milité ensemble pendant plusieurs semaines. Aujourd’hui, l’association entend lutter contre l’exclusion des personnes vivant dans la rue, en bidonville ou mal-logées. Ines Bedrani, responsable du pôle veille sociale et insertion et Marie Emilie Leroy, travailleuse pair ont centré leur intervention sur le chantier d’insertion porté par Les Enfants du Canal. Basé sur la méthode de pair-aidance, le chantier d’insertion recrute des personnes vivant ou ayant vécu à la rue. Méthode née dans les années 1930 avec les groupes de support type Alcoolique Anonyme, elle vise à permettre à des personnes qui “ont connu la chute” de pouvoir se réinsérer et transmettre un savoir d’expérience (différent du savoir professionnel ou académique).

 

Le Centre Social de Caserta est né en 1995 avec l’occupation de l’Ex Macello, le bâtiment de la via Laviano, abandonné depuis des années. Depuis 1998, l’association a pris son siège permanent dans les hangars de l’Ex Canapificio à Viale Ellittico, presque en face du Palais Royal de Caserta (Italie). Au fil des ans, diverses voies de lutte ont été expérimentées avec des formes et des modalités différentes dans le but d’aboutir jour après jour à des avancées pour les droits des plus marginalisés. Aujourd’hui, le Centre Social a plusieurs missions : un bureau d’information juridique, accompagnement pour l’insertion sociale et professionnelle et organisation de concerts, manifestations, etc. Abraham Kouassi est médiateur culturel et activiste du Mouvement des Immigrés et Réfugiés et Giampaolo Mosca est juriste en Immigration et droits de l’homme et activiste au Centre Social Caserta “Ex Canapificio”. Les intervenants ont partagé leur expérience au sein du Mouvement des migrants et des réfugiés qui rassemble des membres de toute l’Italie. Ce mouvement organise une série d’activités comprenant des manifestations, des concerts, des interventions dans les écoles et plus encore : toutes actions visant  la conquête de droits concrets pour les migrants. Parmi ses principaux objectifs figurent l’obtention d’un permis de séjour et la reconnaissance d’une protection internationale. Depuis octobre 2010, il a également lancé la première « grève du travail noir » et un combat pour l’obtention de cours de formation pour les immigrés.

 

De son côté, Pierre Chopinaud est écrivain, conseiller et formateur en stratégie politique au bénéfice de ceux qui sont privés de pouvoir, a centré son intervention sur la Campagne École pour Tous – campagne de plaidoyer national portant sur l’accès à l’éducation des enfants et des jeunes appartenant à des groupes marginalisés et porté par ces jeunes eux-mêmes – et sur le travail de l’association Askola et la création du Collectif des mamans – un collectif de mères étrangères vivant en habitat précaire ayant rencontré des difficultés pour l’inscription scolaire de leurs enfants.

 

Ces différentes interventions ont donné à voir plusieurs exemples de méthodes, projets et mobilisations ayant pour axe central la participation des premier.e.s concerné.e.s. Après un temps de question-réponse, divers ateliers ont été proposés aux participant.e.s afin d’expérimenter ou d’échanger sur différents outils permettant de favoriser la participation des premier.e.s concerné.e.s au sein du travail social : la pair-aidance, le CV-vidéo et l’outil juridique.

 

Plus de 250 participant.e.s de structures et pays européens différents ont assisté à cette journée d’échanges et de rencontres afin de croiser idées et approches, pour plus de participation des premier.e.s concerné.e.s au sein des projets !