Abdul : l’interview du mois

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Nouvelles

En juillet dernier, nous vous avions présenté l’histoire d’Abdul, accompagné par ACINA depuis début 2021. Depuis cet article, après de nombreux mois d’inquiétudes et de démarches suite à la prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan, Sara et Sahil, la femme et le fils d’Abdul, ont pu le rejoindre en France.

 

Mi-août 2021, l’Afghanistan est tombé aux mains des Talibans : restriction drastique des libertés, absence de droits des femmes et famine sont, entre autres, les conséquences désastreuses de la reprise du pouvoir par les Talibans, 20 ans après en avoir été chassés. Sara et Sahil – la femme et le fils d’Abdul – y vivaient encore à ce moment-là. “Je suis venu chez ACINA et j’ai demandé de l’aide à Manuela (Conseillère en insertion professionnelle) et Aurore (Chargée de mission juridique). Aurore m’a aidé à écrire une lettre que je souhaitais adresser au Président de la République Emmanuel Macron et au Ministère de l’intérieur. La situation à Kaboul était très compliquée et ils n’ont pas laissé beaucoup de gens rentrer à l’aéroport, ma femme et mon fils étaient bloqués là-bas.” explique Abdul.

Sara et Sahil ont par la suite réussi à se rendre en Iran “Manuela a demandé un rendez-vous à l’ambassade de France à Téhéran, ma femme y est allé et a pu obtenir un visa. Après 41 jours d’attente là-bas, ils ont pu arriver en France le 14 janvier 2022.”

Après 5 ans sans avoir vu sa femme et son fils, le soulagement et la joie “Je suis allé les chercher à l’aéroport, j’avais acheté 2 fleurs, une pour ma femme et une pour mon fils, j’étais trop content.” raconte Abdul le sourire aux lèvres. “Manuela et Aurore m’ont beaucoup aidé et je les remercie.”

Aujourd’hui, Abdul vit toujours au même endroit avec sa famille, dans une résidence sociale à Paris dans l’attente d’être reconnus prioritaire au titre du DALO (Droit Au Logement Opposable) pour l’obtention d’un logement social pérenne. Sahil a été inscrit à l’école à Paris le 27 janvier 2022 et Sara suit des cours de français depuis début mars “tous les jours de 10h à 16h dans une association, pendant 40 jours, mais elle va sûrement faire 6 mois, elle a déjà appris beaucoup de choses. Sara était professeure en Afghanistan et souhaiterait pouvoir continuer en France.” explique Abdul. Le 14 avril, Sara a rendez-vous à l’OFPRA pour l’obtention du statut de réfugié.

De son côté, Abdul suit des cours à la Maison de la Poésie depuis septembre 2021 “J’apprends le français 2 jours dans la semaine les lundis et jeudis de 14h à 16h. Tous les lundis, des bénévoles viennent aider tout le monde. Victoria est la professeure, elle est trop gentille. Moi je travaille surtout sur la conjugaison, présent, passé composé, j’ai appris beaucoup de choses. En plus du français, on écrit de la poésie. Victoria nous donne un sujet ou un poème et on écrit et travaille dessus. En décembre nous avons fait un spectacle sur la scène de la Maison de la Poésie, beaucoup de gens sont venus nous voir, Loredana a chanté, nous avons lu les poèmes que nous avons écrit. J’étais un peu stressé au début, et j’étais trop content à la fin, on a beaucoup travaillé pour ce spectacle.” Suite à ces cours, Abdul passera le DELF au mois de juin “je vais beaucoup travailler sur l’écrit, Victoria m’a beaucoup aidé pour ça et j’ai beaucoup progressé.”

(NDLR : pour plus d’information sur le projet en partenariat avec la Maison de la Poésie, un article y a été consacré en début d’année!).

 

Malgré de long mois de recherche, Abdul n’a pas trouvé d’entreprise pour son alternance en comptabilité gestion, l’empêchant d’accéder à la formation. “Je suis en train de passer les tests pour essayer de rentrer à l’École 42, une école de codage, pour y faire une formation d’un an. Je viens chez ACINA pour m’y préparer sur l’ordinateur et je continue les livraisons à côté pour gagner de l’argent.” Abdul démarre également cette semaine un parrainage-emploi avec un bénévole, pour l’aider à se préparer aux tests et tenter de trouver des entreprises en parallèle pour l’alternance.

 

Le mot de la fin ?

“Merci vraiment à Aurore, Manuela et Suzanne. Merci vraiment à cette association qui travaille pour les réfugiés.”