Expulsion des bidonvilles : ACINA au cœur de l’accompagnement des familles    

 

Le 1er juillet dernierprès de 1000 habitants ont été expulsés du bidonville des Batêtesà Stains. Installé depuis plus de 20 ans, ce bidonville est considéré comme l’un des plus grands de France. Un travail partenarial étroit entre la préfecture, ACINA et d’autres associations présentes sur le terrain a permis à plusieurs habitants de recevoir des propositions de logement, tandis que d’autres ont pu être relogés avant l’expulsion.  

Cette opération d’expulsion a été menée dans le cadre de la stratégie de résorption des bidonvilles de la préfecture de Seine-Saint-Denis, qui vise à favoriser l’insertion durable des habitants des bidonvillesAux côtés de la préfecture et d’autres associations comme Askola, Médécins du monde et Trajectoires, ACINA a accompagné les familles habitants sur ce site, avant, pendant et après l’expulsion.   

Intervenant sur le terrain depuis 2022 depuis plusieurs années, ACINA y accompagnait déjà une trentaine de personnes. Cette présence continue et de proximité a renforcé la relation de confiance avec les habitants et a facilité leur accompagnement vers des logements pérennes.  

Pour les habitants des bidonvilles, une expulsion ne signifie pas uniquement le démantèlement d’un lieu de vie. Elle peut également entrainer une perte de repères, des ruptures dans les parcours d’insertion, l’interruption des démarches administratives et un risque de replonger dans la précarité résidentielle.  

L’accompagnement socio-professionnel représente donc un enjeu majeur de la stratégie de résorption des bidonvilles. Il permet de sécuriser les parcours des habitants vers des logements dignes et durables.   

De janvier à juin 2026 ACINA, la préfecture et d’autres associations ont travaillé de concert afin d’assurer une meilleure orientation des ménages. A travers ce travail partenarial, plusieurs familles ont été orientées vers ACINA pour des accompagnements sociaux.   

Pour pouvoir mieux répondre aux besoins des familles, un diagnostic social a d’abord été mené par l’association Trajectoires. Cet état des lieux a permis d’identifier les ménages présents sur le bidonville, la situation des habitants, ainsi que leurs attentes.   

Quant à la préfecture, elle s’est engagée dans une démarche de transparence. La date de l’expulsion a été communiquée plusieurs semaines avant l’intervention, ce qui a permis aux familles et aux associations présentes sur le terrain de mieux préparer les départs.   

Selon la préfecture, sur les 261 personnes ayant accepté de participer au diagnostic social réalisé, 167 personnes se sont vu proposer une solution d’hébergement ou de logement. Ce qui représente 64% des personnes identifiées.  

L’ensemble des ménages accompagnés par ACINA a reçu une proposition de logement et plusieurs familles ont déjà intégré des places en hébergement et en intermédiation locative. Ces résultats sont encourageants à plusieurs titres :   

  • Le dialogue avec les pouvoirs publics est ouvert par la voie du collectif bidonvilles 93 coanimé par Médecins du Monde et ACINA  
  • Les propositions d’hébergement et de logement ont été conséquentes et pérennes.  

Les habitants, qui pour beaucoup habitait ce lieu de vie depuis un certain temps, ont reçu des solutions de relogement pérenne.  

Malgré ces avancées, beaucoup de personnes se retrouvent à la rue.   

« Nous avons accompagné entre 30 et 40 familles vivant sur le bidonville de Stains. Nous connaissions déjà une partie des familles, qui étaient suivies par ACINA avant même l’annonce de l’expulsion. Mais dès lors que la préfecture a annoncé une stratégie de résorption sur ce bidonville, nous avons été amenés à réaliser des accompagnements accélérés, c’est-à-dire que nous devions recevoir des familles pour réaliser des demandes SIAO (demandes d’hébergement). Nous avions très peu de temps pour le faire, entre février et juin 2026. Pour certaines familles, nous ne les avons vues que 2 ou 3 fois pour réaliser leur demande d’hébergement.  Aujourd’hui, les familles qui ont été au bout de la démarche et qui étaient toujours en demande de mise à l’abri au moment de l’expulsion, ont toutes eu une proposition d’hébergement. Nous continuons d’accompagner les familles en hôtel social, en fonction de nos moyens.  

Nous sommes toujours sollicités par certaines familles concernant des difficultés dans leurs chambres d’hôtel, difficultés que nous faisons remonter à la préfecture lors de réunions ou par échange mail ou téléphonique. Pour d’autres familles, nous continuons de les suivre dans leurs démarches d’accompagnement social (ouverture de droits, accès à la santé, insertion professionnelle, scolarisation des enfants..) »  

Silantou Minatchy, Coordinatrice ACINA 

ACINA réaffirme sa volonté de travailler avec ses partenaires ainsi que les pouvoirs publics pour garantir l’accès aux droits, au logement et à l’insertion des personnes précarisées.