Maria : l’interview du mois

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Ce mois-ci, nous vous présentons l’histoire de Maria. En France depuis plusieurs années et accompagnée par l’équipe d’ACINA en Essonne depuis octobre 2019, elle nous a raconté son parcours d’insertion et son accès au logement après 3 ans de vie en bidonville. 

 

“Je m’appelle Maria, j’ai 26 ans et je suis en France de manière stable depuis avril 2019.” Avant cela, Maria faisait des aller-retours entre son pays d’origine – la Roumanie – et la France.


Maria est accompagnée par ACINA depuis octobre 2019. “C’est une dame bénévole d’une autre structure qui m’a parlé de votre association. Et quelques temps après j’ai rencontré l’équipe d’ACINA qui est venue sur le terrain où je vivais, j’ai expliqué que je voulais changer ma vie, sortir du bidonville et trouver un travail, ils m’ont donné toutes les informations.” raconte Maria.

 

Avant de rencontrer ACINA, Maria vivait sur un bidonville à Massy. “Cétait très difficile, je n’arrivais pas à faire toutes les démarches seule, heureusement que je vous ai trouvé, ACINA m’a beaucoup aidé, on a beaucoup beaucoup avancé ensemble. Nous avons fait des démarches pour le travail, le logement social où je suis aujourd’hui et ensuite toutes les démarches sociales : la CAF, toutes les déclarations, etc. ” nous a-t-elle expliqué.

 

Avant d’accéder à un logement, Maria a vécu 3 ans en bidonville sur un terrain à Massy en Essonne près d’une autoroute “c’était très risqué pour nous et les enfants. Nous n’avions pas d’électricité, pas d’eau, c’était très difficile, nous devions ramener l’eau de loin et beaucoup marcher avec les bidons, monter sur l’autoroute, c’était très dangereux. Par mauvais temps, l’accès au terrain était très compliqué, nous avions construit un escalier de terre qui devenait très glissant, je suis tombée plusieurs fois. Il y avait en plus la saleté, pas de mises à disposition de poubelles et de ramassage des déchets, il y avait des rats, c’était très gênant, on ne pouvait rien garder sinon ça ramenait les rats encore plus.” nous partage Maria.

Maman de trois enfants, ses deux enfants en âge d’aller à l’école y étaient inscrits. Maria s’est battue pour qu’ils puissent suivre une scolarité assidue “l’école était loin du bidonville, tous les matins et tous les soirs je devais faire plus de 20 minutes de vélo avec mon fils derrière moi, même enceinte je faisais le trajet, jusqu’à 5 mois, c’est mon mari qui a pris le relais ensuite. Nous faisions très attention sur l’autoroute, mais à pied, c’était impossible de s’y rendre.”

De son côté, Maria n’a été que peu scolarisée en Roumanie, elle maîtrise très bien le français, qu’elle a appris en suivant 3 semaines de cours suite à une inscription au GRETA en commission locale “après 3 semaines, la dame m’a dit “vous n’avez plus besoin de cours Maria vous parlez très bien!”” dit-elle en souriant. “Mes enfants m’ont beaucoup aidé pour apprendre aussi, j’étais obligée pour discuter avec l’école, alors petit à petit, j’ai appris.”

Aujourd’hui, Maria, son mari et ses trois enfants vivent dans un logement social à Massy, ils y ont accédé en mars 2022. “C’est un changement complet pour notre vie et pour celle de nos enfants, ils sont très contents et nous aussi, c’est magnifique. La vie en bidonville est très dure mais nous n’avons jamais baissé les bras avec mon mari, même si la situation n’était pas facile.”

Son mari est agent de propreté urbaine et Maria espère reprendre le travail qu’elle avait en restauration lorsque son fils de 6 mois sera un peu plus grand. Ses deux enfants de 9 et 6 ans eux, sont toujours scolarisés et changeront pour une école plus proche en septembre.

Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ? 

“Franchement, je dis merci à toutes les équipes d’ACINA. Je ne peux pas tout dire, quand je commence à en parler j’ai les larmes aux yeux, c’est quelque chose de très fort pour moi.”